Exceptionnelle et rarissime idole Tiponi Hopi pré

Lot 92
180 000 - 220 000 €
Résultat: 150 000 €

Exceptionnelle et rarissime idole Tiponi Hopi pré

Exceptionnelle et rarissime idole Tiponi Hopi (pré -hopi), Arizona, U.S.A Pierre, résine naturelle, turquoises pour l'idole Fibres, sinew, coquillages, pierre pour le collier ex voto. Hauteur: 45 cm Période présumée XIIème siècle / XIVème siècle Pièce inédite Le dernier quart d'une colonne en pierre dure à représentation phallique montre un visage aménagé, dont la délimitation avec le corps même, est formée d'une simple rainure. La magie fécondatrice de cette idole se suffit à elle-même et la statue est dépouillée de tout ce qui ne lui est pas absolument nécessaire, se trouvant sans vêtement, ni bras, ni jambes, ni chairs. Les yeux sont constitués de deux pastilles de turquoise arrondies qui nous regardent intensément, semblant "nous reluquer", selon l'expression reprise d'André Breton, et dont la couleur bleue verte indique un long vieillissement du sulfate de cuivre qu'elles contiennent. Le scellement de ces pierres fines dans des cavités aménagées est réalisé à l'aide d'un composé résineux. Le nez dont le dessin épouse le contour d'une flèche, est réalisé par martellement de la surface. La bouche forme un O et témoigne de l'aspect sacré de la pièce selon un archétype stylistique que l'on peut retrouver dans toutes les civilisations amérindiennes, des eskimos au monde précolombien avec les masques Alamito (Argentine). Le Dieu semble expirer un souffle ou émettre un son continu. Au niveau de la rainure de partition du corps, en dessous, on devine un demi- cercle en creux illustrant probablement un collier ou l'échancrure suggérée d'un vêtement. Sur le corps balayé de haut en bas par des bandes verticales formées par des coulées noires, les bras sont représentés en léger relief avec des mains se rejoignant à plat sur le ventre, selon une attitude recueillie. Un collier, disposé postérieurement et probablement du XIX ième siècle, orne l'oeuvre et laisse suspendre des coquillages et une pointe de flèche en obsidienne comme sorte d'offrandes et d'ex voto offerts par les prêtres à la divinité. (Note de l'expert: Sa présence reste toutefois anecdotique et l'oeuvre se suffisant à elle-même, nous avons pris le parti de faire photographier ce chef d'oeuvre par Monsieur Hugues Dubois, sans cet accessoire). La surface de la statue montre clairement des dépôts blanchâtres dans les creux et autres irrégularités qui sont probablement les restes d'un ancien enduit de surface lissant autrefois l'oeuvre et permettant de la peindre. Colonne tellurique soutenant l'univers, véritable doigt de pierre tendu vers l'infini, cette oeuvre fait écho au ‘'Vernon Man'' une idole en pierre peinte de bandes verticales, découverte en 1960 (dimensions 9 inches). AD. F. Bandelier, déjà en 1885 avait entendu parler d'une statue abstraite en pierre trouvée dans une cave souterraine sur la partie supérieure de la rivière Gila ( Upper Gila) Voir Fifth Annual Report of the Archeological Institute of America. Sobre, esthétique et stylisé, faisant appel à la géométrie pure, on pourrait tout aussi bien confronter cette oeuvre de plus de 7 siècles d'âge avec nombre d'oeuvres d'art moderne. On ne peut donc s'étonner de la présence de ce type d'oeuvre d'art dans le cercle du monde surréaliste qui a toujours eu en outre un certain ‘'penchant pour le culte du Phallus''. Ainsi ‘' Pour s'en tenir aux surréalistes de la première vague, sans arriver à Delvaux ou à Bellmer, sur lesquels il y aurait beaucoup de choses à remarquer, chez Salvador Dali l'obsession du phallus se manifeste soit d'une manière indirecte avec la déformation obscène, l'allongement arbitraire de certains détails (voir Métamorphose de Narcisse) soit d'une façon très explicite dans des tableaux comme Pain anthropomorphe ou l'Enigme de Guillaume Tell, où l'image d'un phallus disproportionné, s'appuyant à des fourchettes, équivaut à une hypotypose, mais elle est aussi l'instrument d'un exorcisme épatant. ‘' Voir Futurisme et Surréalisme, Edition L'âge d'Homme, 2008. Le dieu est ici figé en forme minérale comme une'' solidification éternelle des désirs les plus brutaux'' (sic, Futurisme et Surréalisme). Plus concrètement comme dieu primordial destiné à apporter la prospérité à la communauté villageoise, il adopte la forme phallique qui est celle de ce type de dieu dans toutes les civilisations. Ces idoles étaient uniquement détenues par une société religieuse, un prêtre ou un chef et constituent la clef de voute de l'univers religieux des indiens hopis. Ce petit monument montre tous les signes d'une excellente conservation. Il est présenté sur un socle en bois de Kichizo Inagaki (1876-1951, un socleur artiste de l ‘entre deux guerre qui soclait les chefs d'oeuvres d'art tribal pour le Tout Paris et dont l'estampille est reconnaissable entre toutes. Deux étiquettes demeurent visibles sous la colonne, l'une illisible, l'autre indiquant 31 ]rue[ de Seine. Une adresse qui pour avoir été le logis de Georges Sand reste aussi dans l'histoire de l'art pour avoir été aussi celle de l'éphémère galerie Gradiva dont André Breton fut le gérant. N'ayant guère, faut-il le dire, de dispositions particulières pour le commerce, Breton jeta l'éponge et la galerie disparut ainsi juste quelques mois après son ouverture. Elle n'en demeure pas moins un fait marquant du Surréalisme, comme en témoigne certains courriers et photographies demeurant de cette aventure. Il existe très peu d'archives sur la Galerie Gradiva qu'avait fondée André Breton en 1937. Seule, la photo de John Devoluy nous renseigne. Elle montre quelques oeuvres, notamment océaniennes, et préfigure par la manière de présenter les objets, la disposition du Mur de Breton au 42 rue Fontaine. Un document, une carte lettre ( cf reproduite au catalogue en page 16 ) envoyée à l'occasion de l'exposition internationale de Paris de 1937, toutefois nous renseigne sur le fait de l'intégration de cette pièce dans la collection des indiens pueblos d'un officier de réserve, collectionneur à ses heures. Monsieur M Roubiou dont les pièces éparses de la collection passent épisodiquement en vente publique. On citera pour les dernières, lors de la vente du 16 Decembre 2012, à l'hôtel Drouot Richelieu, un Masque Heheya. Hopi, Arizona. Vers 1900. Hauteur: 25,5 cm. Ex collection DR Mary Blood - Ex collection Roubiou - Edité P. 168 dans "Kachina, Messagers des Dieux Hopis et Zunis.", un Masque Kachina Rügan. Hopi, Arizona. Vers 1930. Hauteur: 23,5 cm. Ex collection Anabelle Collins-? Ex Collection Roubiou- Edité P. 180 dans "Kachina, Messagers des Dieux Hopis et Zunis.", un Masque Kwikwilyaka (kachina moqueur)- Hopi, Arizona. Vers 1930. Hauteur: 29 cm. Ex collection des missions Mennonites - Ex collection Annabelle Collins - Ex collection Roubiou. Edité P. 164 dans "Kachina, Messagers des Dieux Hopis et Zunis.", un Masque Heheya. Hopi, Arizona. Vers 1900? Hauteur: 25,5 cm. Ex collection DR Mary Blood - Ex collection Roubiou - Edité P. 168 dans "Kachina, Messagers des Dieux Hopis et Zunis." Provenance: Vente échange au 31 rue de Seine, Novembre 37. Emplacement de la Galerie Gradiva tenue en gérance par André Breton. Ancienne collection Roubiou Kaprinzki Bibliographie: FITH ANNUAL REPORT Geneste Mickeler, Kachina, Messagers des Dieux, P.139 à 145 DOCUMENTATION: Une lettre autographe signée à André Breton, Seefeld (Tirol), 27 mars 1937. 3 pages in-8, lettre signée de Salvador Dali à André Breton sur le papier à en-tête de l'hôtel Berghof nous renseigne sur l'existence de la Galerie Gradiva et sur son projet de porte d'entrée par Marcel Duchamp (enveloppe conservée) «Mon idée c'est d'appeler la boutique Café, sinon ça peut-être CAFE Gradiva. L'extérieur de la boutique devrait correspondre exactement à une boucherie, faux marbre truculent, têtes de chevaux dorées desquels pendent deux grandes plus grandes que d'habitude des chevelures comme chez les coiffeurs»... «J'ai écrit en même temps à Duchamp car je crois que mon projet entre dans s, a conception de camouflage et peut-être pourra nous servir, je ne trouve pas des idées mieux et donc une autre direction que le projet de Duchamp lequel me parait le plus lyrique et le plus adapté aux circonstances»... Tests scientifiques CIRAM Le CIRAM est un laboratoire indépendant ayant produit ses analyse à diverses institutions et présentant comme références le Musée du Louvre - Paris, le Musée du Petit Palais - Paris, le Musée Auguste Rodin - Paris, le Musée Arthur Rimbaud - Charleville Mézières, le Musée des Beaux-Arts - Carcassonne, le Musée des Beaux-Arts - Dijon, le Musée des Beaux-Arts - Libourne, en collaboration avec l'Ambassade des États-Unis de Paris, le Musée des Beaux-Arts - Pau, le Musée Champollion - Figeac, le Musée de l'Histoire Maritime - Nouméa - Nouvelle Calédonie, leMusée Historique de la ville de Strasbourg, le Musée Georges-Labit - Toulouse,,le Musée Lorrain - Nancy, le Musée Toulouse Lautrec - Albi, la Fondation Giacometti - Paris Un ensemble de tests scientifiques a été conduit par le CIRAM sur ce chef d'oeuvre hopi. Ces tests nous renseignent sur le type de roche déterminé comme roche magmatique (de type Gabro par exemple). Ils nous indiquent que la roche présente des signes d'altérations naturelles et de longue durée, postérieurs à la phase de sculpture (dissolution, amorphisation, modifications chimiques). Aucun indice de traitement chimique n'a été mis en évidence. Les dépôts blanchâtres relevés en surface dans les creux sont constitués d'un mélange de gypse (sulfate de calcium) et d'argile. Ce dossier d'études scientifiques, consultable auprès de la Maison de vente, sera remis à l'adjudicataire. Notes Kichizo Inagaki (1876-1951) Kichizo Inagaki est un ébéniste japonais qui a côtoyé les grands artistes et collectionneurs de son temps à Paris, mais qui pourtant reste un inconnu. Il a révolutionné par son travail raffiné les supports d'art africain et océanien et était prisé du Tout-Paris au XXe siècle. Kichizo Inagaki est né en 1876 dans la ville de Murakami (préfecture de Niigata, sur l'île de Honshu au Japon). Son père est un artisan et un menuisier au palais, connu pour ses sculptures et excellant dans l'art du laque et de l'arrangement floral - ikebana en japonais. Kichizo se rend à Tokyo pour finir ses études, mais repart dans sa ville natale à la mort de son frère. Il fait très vite preuve d'un réel talent et d'une maîtrise des arts traditionnels. Il remporte plusieurs concours: en 1894, il obtient la deuxième place d'un concours de sculpture, et 1899 il sera récompensé d'un troisième prix au Concours national des maîtres laqueurs. Kichizo est de plus en plus tenté de retourner à Tokyo pour terminer ses études. Devenu chef de famille à la mort de son père, sa mère le laisse, avec réticence, partir pour la capitale. Il suit là-bas des cours de sculpture sur pierre et de modelage. Assidu et consciencieux, il obtient son diplôme en 1904. Il s'envole alors pour Hong Kong, puis pour Paris en 1906. À cette époque, Paris attire de nombreux artistes japonais désireux de découvrir les arts et techniques d'Occident. Pendant un temps, Kichizo, parlant mal français, est obligé de vendre des petites sculptures pour survivre. Il est très vite remarqué par des antiquaires qui lui confient la mise en socle de pièces archéologiques ou primitives. Employé par Joseph Brummer, l'artiste fait alors la connaissance de Rodin. Cherchant quelqu'un capable de restaurer les pièces de sa collection, Kichizo lui apparaît comme l'homme idéal. Très vite le Tout-Paris va s'arracher les créations de Kichizo Inagaki: Paul Guillaume, Louis Carré, Béla Hein, et bien d'autres ont recours au service du Japonais. Contrairement aux autres ébénistes, Kichizo fait en sorte de ne pas altérer la sculpture qui lui a été confiée et crée un socle pouvant «fusionner» avec celle-ci. Il est également à l'origine d'une finition de bois tout à fait particulière faisant apparaître un léger veinage, le plus souvent blanc, mais qui pouvait aussi être rouge, vert, or ou argent. (sources AMA, Tribal Art) Cependant, la mise en socle d'oeuvres d'art tribales exceptionnelles pour le Tout Paris ne représentait qu'une partie des activités de Kichizo Inagaki, remarque le magazine Tribal Art. En effet, l'artiste a réalisé des meubles et des éléments de mobiliers pour la créatrice Eileen Gray, dès 1918. Correspondance avec l'art moderne par Fabrice Autanet L'art du XXème siècle a été fortement influencé par les arts premiers, mais également par une science nouvellement créée: la psychanalyse. Le phallus devint naturellement, grâce à ces deux influences, source d'inspiration chez les artistes du XXème siècle. Les Surréalistes considéraient la psychanalyse, même si son interprétation fût quelque peu détournée, comme l'une de leurs sources d'inspiration. Salvador Dali théorisa la paranoïa critique dès 1930, influencé par la thèse de la paranoïa de Freud en 1911, elle même trouvant sa source dans le refoulement de l'homosexualité. Dali exploitera ce sujet iconographique du phallus dans des oeuvres comme Métamorphose de Narcisse conservé à la Tate Modern, Londres ou Le Grand Masturbateur conservé au Musée Reina Sofía, de Madrid. Mais c'est surtout L'Enigme de Guillaume Tell, conservé au Moderna Museet de Stockholm qui suscita la controverse au sein même du groupe Surréaliste, le portrait de Lénine, prolongé d'un long phallus, attira les foudres de Breton sur l'oeuvre de Dali. Man Ray, plus par dérision et par esprit ludique, créa dès 1920 son Presse-papier à Priape, sculpture représentant un phallus stylisé, en marbre, composée de quatre éléments et reproduit à de nombreux exemplaires. Dès 1916, Constantin Brancusi réalise le portrait de la Princesse Marie Bonaparte, l'intitulant Princesse X. L'artiste prétendra que c'est en observant la princesse s'admirant dans un miroir à main, légèrement penchée, qu'il prit conscience de la beauté de son port de tête. Il n'en reste pas moins que cette sculpture ressemble de manière troublante à un sexe masculin. Il est intéressant de noter que quelques années plus tard, et afin soigner ses «névroses intimes», Marie Bonaparte devint la patiente puis l'amie de Sigmund Freud et jouera, quelques années plus tard, un rôle déterminant dans la fuite de ce dernier de la Vienne Hitlérienne. Le phallus est un sujet récurant dans l'oeuvre de Louise Bourgeois, objet de tourment plus que de désirs. Il en est ainsi de sa sculpture titrée Fillette, datant de 1968 et conservée au MoMA, le phallus est ici objet de dégoût et d'angoisse. Gigantesque phallus rouge aux testicules dorés, érigé Place du Dôme à Milan, en 1970, l'oeuvre Dada, intitulée La Vittoria, réalisée par Jean Tinguely, était destinée à fêter le dixième anniversaire du mouvement du Nouveau Réalisme. Ici l'oeuvre se veut à la fois provocatrice, ludique et festive. En 1995, le plasticien Italien Maurizio Cattelan réalise une performance intitulée Errotin, le vrai lapin, en demandant à son marchand et galeriste Emmanuel Perrotin de s'habiller en lapin-phallus dans un esprit de défi ludique et provocateur. Credits photographiques pour cette piece: Hugues Dubois
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