Lot 86
100 000 - 120 000 €
Résultat: 143 750 €

ZAO Wou-ki (1921-2013)

Sans titre, 1960 Aquarelle, encre de chine et gouache sur papier, signée et datée en bas à droite 38 x 53,5 cm Provenance: Collection Michael et Claudine PATOUT, Paris L'authenticité de cette oeuvre a été aimablement confirmée par Mr Yann Hendgen. Un certificat d'authenticité de la Fondation ZAO Wou-Ki, établi par Mr Yann Hendgen, sere délivré à l'acquéreur. Né à Pékin en 1920, Zao Wou ki a été dès son plus jeune âge confronté à l'enseignement quotidien de la calligraphie par son grand-père. A 15 ans, en 1935, il réussit l'examen d'entrée à la célèbre école des Beaux-Arts chinoise de Hangzhou où, pendant 6 ans, il étudie les techniques non seulement de la peinture traditionnelle chinoise telle que la calligraphie mais aussi les techniques occidentales telles que le dessin, la perspective ou la peinture à l'huile. En 1948, il s'installe à Paris dans le quartier Montparnasse, quartier où il rencontrera très certainement Michael et Claudine PATOUT, afin d'étudier la peinture moderne. Il fait alors partie de cette deuxième génération d'artistes modernes Chinois ayant fui leur pays pour rejoindre Paris et son dynamisme culturel. Cette aquarelle de 1960 témoigne d'un travail depuis longtemps fort éloigné de celui des oeuvres figuratives des années 1940 – études d'atelier ou croquis pris sur le vif en voyage –, marquées par la leçon européenne, Cézanne notamment. Grâce à l'influence de Paul Klee, le jeune peintre, qui s'est installé à Paris depuis douze ans, a détourné son héritage chinois et inventé une écriture imaginaire faite de signes qui lui permet de quitter la stricte figuration. En effet, à l'opposé de nombreux artistes tentés, durant les années 1950, par l'imitation de la calligraphie orientale, Zao Wou-Ki a déconstruit l'écriture chinoise en traçant des «signes» sans signification. Cette aquarelle nous montre alors une composition pleinement abstraite: une masse tourbillonnante, décentrée sur un fond traité en lavis. L'aquarelle, utilisée alors de la même manière que l'huile sur toile, traduit sur papier des recherches spatiales et picturales similaires. Zao Wou-Ki retrouve ici une technique plus propre au travail sur papier, jouant avec l'encre, opposant dilutions de l'encre et traits de pinceaux d'une intense nervosité. N'oublions pas le rôle de la couleur blanche dans la composition qui contraste avec l'aspect sombre de l'encre, et qui rend alors la composition très lumineuse. On remarque enfin un nouvel aspect de l'oeuvre: les masses s'éloignent, dégageant le centre de l'aquarelle, prémices de l'apparition du vide. Évoquer l'oeuvre de Zao Wou-Ki des années soixante, c'est penser à une écriture d'image, à un code visuel qui lui est propre et marque sa singularité. Entre fumée, nuée, souffle ou courant marin, le regard ne sait où se projeter. Un point toutefois nous capte et les tentacules qui l'entourent nous y maintiennent. On dit de Zao Wou-Ki qu'il est le «peintre des forces élémentaires et du surgissement de l'être»
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