RUSSIE - CATHERINE II 1762 - 1796 - Lot 65

Lot n° 65
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RUSSIE - CATHERINE II 1762 - 1796 - Lot 65
RUSSIE - CATHERINE II 1762 - 1796 Son buste à droite. R/. Monogramme. Fr 136 Poltina d'or (demi-rouble) 1777 Saint Petersbourg.. Poids : 0,76 g Superbe. Catherine II est une femme cultivée, amoureuse des livres depuis son enfance. Elle a une connaissance parfaite de la langue française grâce à sa gouvernante huguenote. Délaissée par ses parents, elle vit une enfance solitaire qui la pousse à se plonger dans la lecture. Après son arrivée en Russie, délaissée par son époux, mise quasiment en quarantaine, elle lit tous les romans français qui lui tombent sous la main. Un jour, elle lit un livre en français de l'histoire de l'Allemagne et se rend compte que ce genre d'ouvrage lui plait encore plus que la littérature romanesque. Conseillée par certains intellectuels de passage en Russie, elle se plonge dans les oeuvres de Plutarque et de Tacite, puis dans le Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, transition entre l'histoire et la philosophie. Elle lit ensuite « De l'esprit des lois » de Montesquieu, où il traite de la séparation des pouvoirs et préconise un système aristocratique libéral. En novembre 1764, elle se pose en véritable fondatrice de l'Académie des trois arts nobles, fondée en 1757, en lui octroyant des privilèges et un règlement. Par l'entremise de l'ambassadeur de France, le comte Louis-Philippe de Ségur, elle fait venir de Paris des troupes de théâtre et d'opéra, dont celle de Floridor, qu'elle fait jouer dans son théâtre du palais de l'Ermitage. Elle est elle-même écrivain. Elle rédige tout d'abord la « Grande Instruction », un Code qui résume ses vues sur le système politique de la Russie, puis l'Antidote, oeuvre où elle répond au Voyage en Sibérie, critique virulente de la Russie écrite en 1768 par l'abbé Chappe d'Auteroche. Viennent ensuite ses Mémoires, puis une suite de notes et de justifications sur sa politique et sa vie en général, une source essentielle d'informations à son sujet. En 1765 elle achète la bibliothèque de Diderot qui séjourna à Saint Pétersbourg pendant 5 mois au cours desquels il s'entretenait chaque jour avec elle. Elle entretient une relation épistolaire avec Voltaire (1694-1778), qui est en France un fervent défenseur de sa cause. En raison de l'intérêt qu'elle porte aux réflexions des philosophes, il voit en elle un « monarque éclairé » et ouvert d'esprit comme devrait l'être le roi de France. Mais il n'est jamais venu en Russie, alors qu'il a séjourné à Berlin auprès de Frédéric II. En 1778, elle achète sa bibliothèque.
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